Entoure sa taille brisée de ta main

Elle est exactement comme je m’en serais souvenue si je l’avais déjà vue, et je la reconnais qui court de dos, loin devant, dans sa robe claire, avant même de retrouver son sourire plein et son nez minuscule comme sur les photos. Et la maison aussi est là, précisément comme je me la serais peinte si je l’avais imaginée. Un jour peut-être saurais-je d’où me vient ce saisissement amoureux devant le délabré. Je trouve plus beau ce qui l’a été que ce qui l’est encore, quelque chose comme ça ; je préfère l’écorchure à la perfection.

 

Quel drôle d’été que ces mois de 2014, juin en deuil, juillet en manque de solitude et en clôture d’enfance.  Août commence avec une fête et les yeux de L., née il y a un an à sept fois cent grammes, pouvez-vous imaginer ?, et la pluie sur la table dressée dans le jardin qui exalte l’odeur de la menthe, les rires et l’effarement, rien de tout ça n’est grave mais tout est précieux, et demain j’aurai trente-trois ans, et j’ai presque écrit un roman l’an dernier, et dix nouvelles, moi qui n’avait jamais écrit de fiction, qui était née avec le sentiment qu’il était déjà trop tard pour vivre.

 

Un jour je renoncerai aux réponses et alors la colère tombera tout à fait, comme un grand vent.

 

D’où nous viennent les mots qui vivent en nous ?

 

 

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