Quatre

Elle est née.

Notre deuxième enfant.

La petite sœur de Z.

Un bébé qui ressemble au bébé qu’elle était, et qui en diffère : brune, tonique dès la naissance, sans fossette, sans coliques non plus jusque-là.

Un autre enfant.

Je ne pensais pas tomber amoureuse du deuxième enfant comme du premier. Et pourtant si. Les minuscules mouvements de son visage, l’emplacement des sourcils déjà si expressif, les mains qui jettent des sorts au ralenti.

Nous sommes quatre, et peut-être au complet. « Pour l’instant », dit-il. « Sans doute », dis-je. « Mais vous allez en faire mille, des bébés ? » dit Z. Et la dernière-née dort, regarde le monde, réclame les bras, le lait.

Nous sommes quatre.

Publicités

Je vais pas prendre de bonnes résolutions mais je te les dis quand même

Je n’ai pas souvenir d’avoir pris des bonnes résolutions au nouvel an – en fait, j’ai dû le faire (dans mes vieux blogs, il y en a sans doute la trace), mais avec une efficacité telle que je n’ai rien retenu.

lucie gomez

En plus, je suis de celleux pour qui l’année commence début septembre, ou à la limite aux premières asperges, bref le Nouvel An c’est devenu une fête commerciale tsé. (Non en vrai, faut pas déconner, les jours rallongent et c’est pas rien !)

J’ai en revanche retenu plusieurs manières d’aborder la nouvelle année qui me plaisent.

Pink & Green se choisit un mot totem, une idée qui me touche même si rien ne s’est encore imposé. Cette année j’aimerais laisser la place, prendre le temps de choisir ce mantra.

J’aime l’idée d’avoir des projets, voire des défis, plutôt que des résolutions. Ce n’est peut-être qu’une différence de formulation, mais le projet, le défi, me laissent plus libre et m’éloignent de l’idée d’échec. La résolution, j’ai l’impression qu’elle m’attend à chaque coin de rue, prête à me tomber dessus à grand coup de culpabilité. « Et si j’essayais … ? » plutôt que « Chaque semaine, je vais ».

En même temps, et même si ça semble paradoxal, je crois que ça marche mieux si on est concret. Mais concret dans ce qu’on s’engage à faire, pas en terme de résultats. Et s’engager au premier pas seulement (s’il nous convient, on fera le suivant, et sinon, c’est  que ce n’est pas pour nous, là tout de suite). Être modeste en quelque sorte (et du coup, prendre peu de « résolutions », aussi). Dans mon cas, je dois beaucoup éliminer parce que j’ai beaucoup d’envies, et que ce sera la première année de notre deuxième enfant, alors mon temps et mon énergie seront sans doute pas mal tournés vers ma famille.

 

Un ou deux projets assez costauds (chronophages ou ambitieux)

_ Valider assez de mon master 2 pour imaginer le finir l’an prochain (en gros j’aimerais valider toutes les UE non liées au mémoire, mémoire dont je n’arrive pas à arrêter le sujet pour l’instant).

_ Écrire une histoire pour enfants et la proposer à Timtimsia d’amour

Des défis plus légers

_ Trouver mon mot-totem pour l’année (donc)

_ Avoir re-couru au moins une fois d’ici la fin de l’année (oui, 10 minutes le 31 décembre, ça compte. Même si j’espère plutôt m’y remettre dès le printemps).

_ Apprendre à dessiner un renard

_ Bloguer plus souvent qu’en 2015 (dans deux billets c’est bon, les gars)

_ Consacrer un carnet à mon ailleurs professionnel, à avoir toujours sur moi (pour le moment ça va beaucoup causer salon de thé)

_ Continuer le Bullet Journal qui est un outil qui me convient vraiment bien

_ Envoyer mon roman à au moins trois maisons d’édition.

 

Voilà ! Sachant que je triche un peu, il y a des projets déjà bien démarrés (le Master 2 commencé en août), d’autres que je n’ai pas notés mais qui sont prévus (une autre formation autour de l’animation ; boycotter Nestlé). Le critère pour être dans ma liste : même si ça me fait peur, il faut aussi que ça me fasse sourire.

Et voilà pour 2016 !

J’ai accouché sans douleur

(On dirait un titre de presse pour vieux, genre Maxi ou Nous deux).

P1130898

J’ai accouché sans douleur et sans péridurale et ça laisse pas mal de gens incrédules. Je les comprends : je ne savais presque pas, avant de le vivre, que c’était possible.

Ce presque est important : je pense que si je n’avais pas su que c’était rare mais que ça arrivait, j’aurais eu mal. Ou plutôt, que j’aurai ressenti les mêmes sensations (et, contrairement à ce que « sans douleur » évoque, ce n’était pas de la gnognotte) mais que je les aurais interprétées comme douleur, et que donc, oui, j’aurais eu mal.

Quelques jours avant d’accoucher, j’ai lu un billet sur les accouchements orgasmiques, chez la Poule Pondeuse, et ce commentaire en particulier m’a marquée.

A partir de là, je crois que ça a ouvert une petite porte qui me permettait de lire mes sensations en termes d’intensité et non de douleur (ou de plaisir, d’ailleurs : ce n’était pas orgasmique, ce n’était pas douloureux, c’était intense).

Il y a une bonne part de chance : je suis assez costaude face à la douleur, donc mon seuil n’est pas si facile à atteindre (d’autant que je suis mithridatisée par des années de règles difficiles),  j’ai accouché très vite donc je n’ai pas eu le temps de m’épuiser, tout s’est bien passé. Je n’ai pas crié : toutes les femmes ne crient pas.

Loin de moi l’idée de dire qu’un « bon accouchement » est celui où l’on ne crie pas, ou on n’a pas mal, on fait bien comme on peut et si hurler à pleins poumons vous aide au moment M, allez-y.

Juste, vous pouvez garder cette petite fenêtre entrouverte.

 

Z., attendue le 2 décembre, est née le 15 novembre.

Hulk, attendu/e le 19 janvier, allait selon moi arriver dans les tous premiers jours de l’année. Et puis iel est encore au chaud. Petit miracle. Qui me rappelle que toutes les grossesses sont différentes, et sans doute tous les accouchements aussi.

(Du coup, j’ai un peu peur de vivre celui-là moins bien, forcément. Il faut que j’ouvre une autre petite fenêtre : celle qui me permet d’envisager qu’après un premier joli accouchement, le deuxième puisse être aussi différent et aussi bien vécu.)

J’ai fini tout ce que j’avais prévu de faire avant. Je me disais que j’en rajouterais un peu si j’avais plus de délai, mais je n’en ai pas envie. Pas tout de suite. Peut-être demain, si tu n’es pas là.

Tu sais, on est heureux que tu sois là, de profiter de ces temps d’avant de connaître ton visage. C’est vrai, on a un peu peur, on n’a jamais été quatre, c’est l’inconnu. Et on a très envie de t’accueillir, aussi. De te choisir un nom (ce ne sera pas Hulk, en fait). De t’aimer un peu plus en connaissance de cause.

Tu viens quand tu veux.

 

Puisque c’est comme ça

P1130870
(L’Hommage à Klimt est de Mamzelle Roüge)

(Billet sans queue ni chouette)

Puisque c’est comme ça je vais finir mon semestre, pas trop contente de moi mais satisfaite d’avoir rempli ce petit contrat avec moi-même.

Je vais mettre plus de beauté dans ma vie et la partager davantage.

Je vais oublier plus vite les égratignures. Et même si je rêve encore de toi, même si tu me dis en rêve que rien de ce que j’ai à dire ne t’intéresse, je vais prendre le rêve pour ce qu’il est : un processus de compostage.

Apprendre à dessiner un renard, manger mieux, répondre aux mails, dire plus souvent merci et moins « désolée ».

Je vais désencombrer, encore. Et accueillir. Sourire.

Je vais prendre la vie comme elle vient, j’espère. Avec un bébé vorace du lait de mes seins ou de celui du biberon, et on s’aimera fort dans les deux cas.

Je vais redire à la môme, souvent « ça, c’est dur, il faut beaucoup rater avant d’y arriver », et parfois on y arrivera quand même tout de suite, et parfois non et on en rigolera, et parfois ça nous fera crier et pleurer et on fera avec quand même.

Je vais continuer à laisser entrer dans ma vie ceux qui la rendent jolie. Et peut-être qu’avec tout ça, j’aurai la force de rendre le monde un peu plus juste.

Je vais remplir mon bocal à bonheurs.