L’uniformisation des mondes

Parfois tout me fait peur. Pas seulement les miséreux du monde frappant à nos portes et reçus à coups de batte (c’est là-dedans les coups de batte qui me font peur, entendons-nous bien), même ce qui se veut rassurant m’effraie. Les salons et les cuisines Ikea (ou Maisons du monde ou Fly ou La Redoute ou …). Les blogs à ligne éditoriale. Nos défis synchronisés, nos projets partagés photo après photo sur les réseaux sociaux. Les youtubeurs et leurs millions de youtubés – dont moi. Les citations tellement faites pour moi, réimprimées à l’infini. Les DIY, les tutos et les printables. Nos écritures similaires, nos narcissismes qui n’ont même plus rien de singulier. Nos jeûnes , nos diètes et nos détox, nos désencombrements et nos minimalismes que nous nous vendons à nous-mêmes comme des aventures modernes. Jusqu’à quel point sommes-nous nos propres dupes, jusqu’à quel point acceptons-nous de nous appauvrir ainsi à devenir les VRP de nos vies plutôt que de vivre ? La tentation faussement confortable d’être comme tout le monde – comme si cela existait. N’est réel là-dedans que l’aspiration elle-même.

Trouver au fond de moi le petit rien qui résiste, le petit caillou dans la chaussure, la graine encore fertile dans l’engrenage, pas encore aplatie. Souffler sur les paillettes et retrouver, en-dessous, le grain dur du bois ou de la pierre. Laisser exister ce qui en nous a peur de se déployer. Faire de la place en moi à ce qui n’est que moi – en lien avec quelques autres seulement.

 

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2 commentaires sur « L’uniformisation des mondes »

  1. 😉 Tout cela ne me fait pas peur, et puis il reste encore tellement de différence qui empêchent les gens de se comprendre et de se respecter. Par contre, de voir autant de gens faire pareil me laisse parfois un petit gout de à quoi bon. Et effectivement la seule bonne réponse est de se reconnecter à soi, à ses petits plaisirs simples qui nous font apprécier la vie, tout le reste n’a pas forcément beaucoup de sens. Notre vie non plus mais tant qu’on l’a autant en profiter 😉
    Moi l’angoisse je préfère la vivre au quotidien pour des petits riens. (enfin je ne préfère pas du tout, c’est juste une façon de parler, ça me tombe dessus et c’est pénible)

    1. J’imagine très bien la pénibilité du truc !
      Je ne suis pas (encore) tout à fait en paix avec l’absence de sens de ma vie en revanche …

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