L’ajustement

Déjà les deux rentrées de la môme m’avaient surprise : à chaque fois, la rentrée ne se faisait pas en une heure, le premier matin, ni en une semaine, mais presque en un mois. Presque deux mois que nous sommes quatre, et toujours dans le temps des ajustements.

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K, vue par Z

Trouver l’espace pour tous et de la place de chacun dans notre maison toujours minuscule. K. dans son couffin, à côté de notre grand lit, et puis parfois, au milieu de la nuit, entre nous deux ; la journée dans mes bras, dans mes bras, dans mes bras – et aussi dans ceux de son père, dans le siège auto (prendre de nouvelles habitudes, où on met nos sacs maintenant ? non pas dans le coffre ça rallonge vraiment trop, à nos pieds on les salit, on peut les caser entre les deux sièges autos ? Oui ça passe mais de justesse, pense à les fermer on sait jamais). Réorganiser la « chambre » de la grande pour qu’elle devienne déjà celle des frangines, que quand K viendra effectivement Z ne se sente pas volée.

Trouver du temps pour tous et des moments pour chacun. K semble privilégiée mais elle n’est pas seulement ce très jeune mammifère qui se nourrit de notre contact quasi permanent, mais aussi cette petite personne qui cherche notre regard sur elle, la voix qui porte les mots à elle adressés. L’un des parents a les mains vides (K est dans les bras de l’autre, ou, bien plus plus rarement, dort seule) : faire la cuisine, la vaisselle, la lessive, ou plus important, un câlin à la grande, tourner pour elle les pages d’un livre, de deux, de cinq. Les deux adultes ont miraculeusement les bras libres, vite s’enlacer, s’embrasser, rien de plus, rien de moins que cette tendresse, cette impatience, pas le temps d’autre chose, l’envie oui, le créneau non. Un moment pour soi seul : se doucher, s’étirer, jeter trois mots sur ce blog, quatre idées sur un carnet, envoyer un mail écrit moins laborieusement qu’à une main.

Trouver la nouvelle composition de notre famille, éprouver les changements, certains évidents, d’autres subtils. Sourire souvent, pleurer parfois. Trouver qu’on assure et une heure plus tard se croire au bord du burn-out. Entre ravissement et épuisement.

 

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5 commentaires sur « L’ajustement »

  1. Avec l’intensité de la vie de parents, je me demande combien de temps on se sentira « vides » ou « euphoriquement libres » quand ils seront ados, puis grands, puis partis ?

    1. 😉 Les miens me laissent déjà beaucoup de temps par rapport à leurs début et je trouve que cela arrive très progressivement. Un jour on réalise qu’on peut éventuellement leur dire de se débrouiller tout seul et qu’ils savent le faire si vraiment il faut.

    2. L’ambivalence, ce maître mot de la parentalité …
      Je crois que quand on en a bien profité pendant, on est contents, après, de la relation qui évolue.

  2. A l’arrivée de ma puce, l’écharpe m’a sauvé la vie, elle était dedans que je sois à l’intérieur ou à l’extérieur, comme ça j’avais mes 2 mains libres pour Fiston. Et puis des fois je sollicitais fiston pour qu’il fasse le clown 5 min pour sa sœur quand elle avait besoin de présence et moi de faire un truc sans elle. Je trouve que ça l’avait bien aidé à trouver une place utile de grand-frère avant même d’avoir une « vrai » relation avec sa sœur.

    1. Pour ma première, tout comme toi ! *pour le moment, K n’aime pas l’écharpe, ni le porte bébé. On m’encourage à tester d’autres modèles mais ce n’est pas si évident de trouver le créneau et l’asso.

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