Éduquer sans punir, première anecdote

J’ai décidé de raconter ici mes petites anecdotes autour de l’éducation sans punition, que nous pratiquons depuis que Zoé est née (donc 5 ans, si on veut). Selon les définitions, on ne punit pas du tout ou si, parce qu’il nous arrive de « l’envoyer se calmer dans sa chambre » (c’est parfois une obligation, parfois une proposition, ce n’est jamais censé être désagréable).

Je n’ai ni le temps ni l’énergie pour le moment de faire un billet sur le pourquoi du comment, ça viendra un jour. En gros, on trouve que punir c’est contre-productif, que ça mobilise trop d’énergie et que ça nous rend moins heureux que d’essayer de faire autrement.

Place à l’anecdote du jour.

Moi, devant l’immense table basse surencombrée par des feutres des ciseaux des papiers des crayons des livres et j’en passe.

« Zoé, tu ranges la table s’il te plaît.

_ Non, je veux pas ranger cette fois, je suis fatiguée

_ Bon, si tu es fatiguée, je t’aide, on fait ensemble.

_ Non, tu fais toute seule, je suis trop fatiguée et puis je veux jouer.

Je commence à être un peu outrée …

_ Si tu es trop fatiguée pour ranger, tu vas te reposer dans ta chambre, pas jouer.

_ Non, je ne veux pas ranger, je range tout le temps !

_ Quand on dérange, on range après, Zoé, c’est normal. Tu veux ranger un peu plus tard ?

_ Oui ! Beaucoup plus tard ! En fait … jamais !

Je commence à voir rouge.

_ Ah si, Zoé, ce n’est pas à moi de ranger tes affaires, je ne suis pas d’accord. Tu vas ranger.

L’enfant, qui commence à choper le truc du gagnant-gagnant, à coup de « le parent expose le problème, et propose qu’on cherche une solution à coup de « qu’est-ce qu’on pourrait bien faire ? » :

_ Maman, ce que je te propose, c’est que toi, tu ranges, et moi, en échange, je fais la vaisselle. »

Ma première impulsion, c’est de dire NON. Je veux être obéie, et j’ai l’impression qu’elle s’en sort à bon compte, puisqu’elle adore faire la vaisselle, et que c’est plus un jeu pour elle. Mais j’ai appris à reconnaître en moi cette petite voix qui veut dominer, et je gagne du temps.

_Je vais réfléchir une minute, poulpette. (…) »

Quels sont mes objectifs ? Je veux que la table soit rangée ET que ma fille participe à la vie de la maison, à la mesure de ses moyens. Ranger la table va me prendre une minute, laver la vaisselle va lui en prendre dix (fendardes).

_ Ça marche, Zoé. Tu fais la vaisselle et moi je range la table basse.

_ OUAIS !!! Je vais la faire tout de suite ! »

Win-win, you won.

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6 commentaires sur « Éduquer sans punir, première anecdote »

  1. Oh merci pour ce billet, j’espère qu’il y en aura d’autres 🙂 Ma poupette n’a que 7 mois donc pour le moment, la question des punitions ne se pose pas, mais j’aimerais tendre vers cet idéal. Ça fait des biens de lire des anecdotes concrètes.

    1. Merci ! Parfois ce sont moins des principes que des habitudes devenues automatismes. Quand je suis fatiguée je me repose dessus, alors que parfois, elles ne sont plus du tout adaptées à la situation.

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