Fratrie

(Ceci est ma participation au jeu d’écriture du mois du blog à mille mains, qui reprend du service)

La photo est de Dame Ambre.

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Nous sommes quatre. Elles sont deux.

Soeurs.

On ne voulait pas connaître le sexe du bébé avant sa naissance. Nous n’avions ni l’un ni l’autre de préférence, ou du moins nous n’en avions pas l’impression. Ça ne nous semblait pas bien important.

J’avais un peu peur, quand même, qu’au moment de découvrir le sexe réel de l’enfant réel, une petite déception m’étreigne.

Et puis, j’ai regardé entre les jambes de notre enfant et j’ai dit « je crois que c’est ce que je préférais ». Je crois que je l’aurais dit, je l’aurais pensé dans l’autre cas aussi. Tout aussi sincèrement. C’est cet enfant-là que j’espérais, exactement.*

Deux sœurs, ça me plaît parce que c’est elles. Et parce que c’est un modèle inconnu dans nos familles. Du neuf.

Je suis fille unique et la fraternité est un mystère pour moi. Terre inconnue, idéalisée. Je fais attention à ne pas faire peser mon manque sur leur relation. Je m’occupe avant tout de ma relation avec chacune d’elles. Ce qui se passe, ou non, entre elles les regarde.

Et …

Elles joueront dans les flaques, se tiendront par la main, videront la baignoire à force de s’éclabousser.

Se détesteront parfois, bouderont, diront qu’elles auraient préférer être fille unique.

Et surtout, elles vivront ce que je ne peux imaginer et je ne serai pas témoin de tout.

Frangines.

 

*(Mes hormones font leur job et elles le font bien).

 

(J’associe ce défi à des textes plus travaillés ou fictionnels mais … voilà ce qui est venu.)