La bienveillance envers soi : écouter la petite voix

C’est un billet qui me tient à cœur, et je ne sais pas très bien par quel bout l’aborder. Quel fil tirer en premier ?

Peut-être commencer par deux de mes plus proches amies qui ont mis des années à arrêter une relation où elles étaient malheureuses, où elles étaient en danger, une relation qu’elles avaient commencée en doutant beaucoup, en luttant contre une petite voix qui leur disait de fuir, de ne pas s’engager ?

Ou alors cette copine qui me parle d’une vague connaissance qu’elle ne sent pas, mais qui fréquente les mêmes cercles en ligne qu’elle, et qu’elle n’ose pas arrêter de suivre de peur de la froisser ?

Ou bien de moi qui ai (jadis) laissé des gens sortir de ma vie en crachant sur les meubles et y entrer de nouveau en s’essuyant à peine les pieds sur le paillasson, pour recommencer le même manège quelques mois plus tard ?

Peur d’être injuste, envie d’y croire, besoin de reconnaissance

Je ne vais pas supposer, dans ce billet, que qui que ce soit dans ces relations est un manipulateur, un pervers narcissique ni même « juste » une mauvaise personne. Je ne suis ni psy, ni juge, et à vrai dire les personnes citées dans ces quatre exemples ne m’intéressent pas (ou, dans le dernier cas, plus). Ce qui me fascine, c’est le mécanisme qui fait qu’on laisse entrer dans sa vie (un peu, beaucoup ou énormément, les exemples cités vont de la simple fréquentation via les RS au mariage) quelqu’un alors qu’au premier abord, une alarme interne s’était déclenché qui nous disait « méfiance ».

Dans certains cas, c’est la peur d’être injuste et de blesser qui fait surmonter ce rejet initial. « Cette personne est tellement appréciée autour de moi, qui suis-je pour douter de ses qualités ? » Mais qui nous oblige à fréquenter quelqu’un qu’on ne sent pas qu’elles que soient ses bons côtés par ailleurs ? En tant qu’ancienne looseuse sociale, j’ai laissé pas mal de gens entrer dans ma vie juste pour ne pas infliger le rejet à d’autres. Ça a donné des relations bancales, pas très intéressantes et qui à mon avis ont fait plus de mal que de bien. Et parfois, encore aujourd’hui, j’ai conscience d’être cette personne qui fait se déclencher l’alarme chez les autres, et oui, c’est désagréable.  Peut-être que ce sont des signaux qui viennent de moi – je suis gauche, mal à l’aise en public, pas très liante au premier abord, peut-être aussi que ça n’a rien à voir. Sans doute juste qu’on n’est pas fait pour être potes, et ce n’est pas un drame. N’exagérons pas non plus notre propre importance.

Parfois aussi – davantage dans les histoires d’amour – on a envie d’y croire. Quelque chose nous dit non, pas question, fuis, mais on a peur que ce soit la voix de la peur de s’attacher, on se dit qu’on va passer bêtement à côté d’une belle histoire, à cause de nos préjugés, de notre crainte de sortir de notre zone de confort. Et si on arrêtait de dénigrer cette fameuse zone de confort ? Quelqu’un sur Twitter (pardon, j’ai oublié qui) proposait, plutôt que de vouloir à tout prix en sortir, de chercher à l’agrandir. Voilà qui me paraît un projet bien plus enthousiasmant (et pas méprisant, celui-là, pour les gens qui comme moi et bien d’autres ont besoin d’une grande sécurité pour oser faire des choses nouvelles).

Écouter la petite voix, encore et toujours

Alors, quand la petite voix nous dit non et qu’on a envie de dire oui quand même, on fait quoi ? On continue à écouter. Ce qui ne veut pas dire mettre un terme ou étouffer dans l’œuf toute relation naissante à la moindre frilosité. Mais écouter cette voix, jusqu’au bout, ne pas la faire taire. Elle peut avoir bien plus à dire. Et décider ensuite si on veut passer outre ou non, si elle est un écho du passé, si on veut prendre le risque quand même, si on lui donne raison.

Mais, j’insiste : on a le droit de s’écouter. On a le droit de ne pas vouloir laisser entrer telle ou telle personne dans sa vie (je ne parle pas : dans son école, dans son entreprise, mais dans son cercle intime) même sans aucune raison rationnelle, sans aucune raison tout court, autre que « je ne la sens pas ». Nous n’avons pas à fournir d’arguments solides pour un manque de feeling. Si votre alarme s’est déclenchée, si votre petite voix vous dit « non », écoutez-vous. « Je sais que ce n’est pas très bienveillant », s’excusait une concernée. Et nier ce qu’on ressent, est-ce bienveillant envers soi ? On ne doit pas son attention, et encore moins son amitié ou son estime, à tout à chacun.

Écoute et bienveillance envers soi d’abord.

 

 

Guillaume Meurice : que demande le peuple ?

Il y a quelques jours, j’ai assisté au spectacle de Guillaume Meurice, Que demande le peuple ?, et j’avais envie d’en dire deux mots.

G.Garitan – CC BY-SA 4.0

 

J’aime bien Guillaume Meurice. Il a mon âge, il a grandi dans le même coin que moi (et quand il parle des bleds de son enfance, ça me chatouille au niveau du cœur), il est de gauche et futé, il fait parler les plus petites voix et il a une très belle implantation capillaire (ce qui n’est pas primordial à la radio, mais moi ça me fait plaisir).

J’allais donc voir son spectacle à moitié conquise d’avance. A moitié seulement, parce que si je pense être bon public dans une conversation, je suis assez exigeante quand je vais voir un spectacle, surtout comique (en revanche, emmène-moi voir un musicien et je suis hilare à chaque blagounette entre deux morceaux, va comprendre) (Thomas Fersen je t’embrasse). De plus, j’aime beaucoup les chroniques de Guillaume (oui, je vais l’appeler Guillaume, je ne l’ai pas encore vu tout nu mais ça simplifiera le processus), mais, tout comme il le reconnaît lui-même, elles sont assez faciles (ce qui ne les empêchent pas d’être efficaces, et drôles, et révélatrices de notre société), et j’avais un peu peur que le spectacle tienne un peu du même genre. Ce n’est pas le cas.

Le spectacle est un vrai spectacle comique, construit, avec une mise en scène, des fils rouges, des délires, un tout petit peu d’impro, un peu de musique, de la politique, des interactions  … Le show est honnête, et même un peu mieux que ça. J’ai passé une bonne soirée, j’ai rigolé, mais

Mais … J’attendais mieux. J’attendais un humour qui ne soit absolument pas discriminant. D’ailleurs, sur la première partie, assurée par Francisco E Cunha  : pour faire rire sur le suicide, il faut une immense délicatesse d’écriture. C’est raté. La partie sur le suicide artistique marchait mieux.

Après avoir apprécié (euphémisme pour dire avoir sombré dans le fangirlariat) Guillaume Meurice, le chroniqueur, je voulais découvrir Guillaume Meurice, l’humoriste. Sauf que sur scène, Guillaume joue un personnage, celui de Xavier-appelez-moi-Xave, pubard, communiquant politique à ses heures, droitard sans vergogne. Et c’est ce personnage, qu’on va adorer détester, qui nous tient conférence pendant presque deux heures. Pourquoi pas, c’est là encore assez efficace, et souvent drôle, même si on rit parfois bien jaune. Le problème arrive quand Xavier ou Guillaume essaie de chauffer la salle, nous taquine car ça ne marche guère, tente de nous faire applaudir à des slogans moisis … le malaise s’installe peu à peu. Moi, même pour rire, je ne hurle pas « Fière d’être Française ! » (et la bonne moitié de la salle non plus). D’un côté j’ai envie d’applaudir, de me marrer, d’hurler des trucs, parce que ça fait partie du plaisir du spectacle comique, et d’un autre, non, pas si ça ne me fait pas rire, pas si je ne le pense pas ou si plutôt si c’est à l’opposé de ce que je pense (pas de problème pour répéter des trucs absurdes genre cris d’animaux, par exemple).

J’irai voir le prochain spectacle de Meurice, je crois, parce que celui-ci (son deuxième) est prometteur. En espérant qu’il saura trouver un personnage moins casse-gueule ou assumer davantage qu’il ne peut pas jouer sur les deux tableaux. Un personnage détestable qui fait rire, c’est tout à fait possible et il s’en sort bien, même si ce n’est pas le rire le plus libérateur du monde. Mais un Xave détestable qui ambiance une salle pleine des gauchistes qui viennent voir Guillaume, c’est plus qu’un pari risqué : une fausse bonne idée, qui affaiblit un show intelligent.

Un joli samedi

Hier était un joli jour, une journée qui n’avait rien d’exceptionnel et qui n’était pas parfaite non plus (et certainement chiante comme la mort pour plein de gens), mais une belle journée comme elles se sont faites trop rares ces derniers temps, et j’ai envie d’en garder la trace.

Se lever, quitter la tiédeur d’Ava contre mon flanc, retrouver Zoé et son père en bas. Attendre le bruit de gorge de la cafetière italienne, goûter le café préparé par la môme. Répondre « je viens ou tu veux ta sœur ? » à l’appel d’Ava, entendre « Ma sœu’ ! ». Bouquiner, lire à voix haute, feuilleter d’autres livres avec un premier thé, un deuxième café.

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Se décider à aller au marché, juste Ava et moi, sa petite main bien au chaud dans la mienne et le froid tout autour.  Lui expliquer le petit gars vert et le petit bonhomme rouge du passage piéton. Courir dans la rue barrée aux voitures. Croiser les copains devant chez Guillaume, le cafetier ambulant, se faire offrir un chocolat chaud. Se réjouir qu’Ava ne le renverse que par terre. Discuter et acheter du café  pendant qu’Ava joue à chat avec les enfants des potes, se dire tu sais pour le poste de l’école maternelle, tu l’inscris la rentrée prochaine toi, à bientôt, à plus tard, à demain. Discuter avec la boulangère d’un voyage à Barcelone qu’elle fera en avril. Faire un tour à la ressourcerie, fouiller, choisir pour deux euros de petite vaisselle blanche pour un bricolage futur, et une veste très chaude pour trois euros.

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girochantal via Pixabay

Rentrer à la maison le temps d’une tétée, et puis filer manger, seule, chez une copine avec d’autres gens, dont une fille que je vais beaucoup aimer, je crois. Boire un peu trop et beaucoup rigoler, tirer quelques plans sur la comète, manger du houmous, une tartinade à la pistache et une autre à l’ail rose, et redécouvrir le croquant de la carotte crue après quatre jours de compote-purée.

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Revenir chez moi trois heures plus tard, retrouver les aimé·es repu·es de frites. Le Chap parti au jardin, ouvrir avec les filles un livre de bidouilles emprunté la veille, faire des pompons avec une fourchette et décorer notre vaisselle avec de l’eau et du vernis.

Partir pour une réunion, les mômes sous le bras, réveiller Ava endormie pendant le trajet à l’arrivée, la garder près de moi comme un petit marsupial les trois heures qui suivent. Crier « bouge-toi le cul merde » pendant un jeu de rôle et trouver cela étonnamment plaisant. Rire et s’émouvoir.  Rentrer dans la nuit déjà avancée, retrouver l’homme que j’aime.

Se dire que c’était une belle journée.

Les derniers bouquins adorés #1

Je lis beaucoup. Depuis toujours – enfant, adolescente, jeune adulte, je lisais souvent un livre par jour, au moins plusieurs par semaine.

Et puis, ma vie a changé, (les deux différences majeures étant le fait d’avoir des enfants et l’accès à Internet), j’y ai consacré moins de temps, mais j’ai toujours un livre en cours. Mon volume de lecture a diminué, et ma qualité de lecture aussi (je lis le soir dans la fatigue de la fin de journée, et la nuit pendant mes insomnies). Une chose qui n’a pas changé, c’est le critère qui me fait dire qu’un livre est bon (avec tout ce que ça peut avoir de subjectif, et c’est très bien comme ça) : un livre que je relirai.

Dans ma relecturothèque personnelle, il y a Jorge Semprun et Stephen King, Fred Vargas et  Siri Husdvedt, Romain Gary et Zola, Paul Auster et Mona Chollet, Anne Percin et Robin Hobb, Cynthia Voight et Aragon … Certaines œuvres, et pas d’autres.

Je me suis dit que j’allais vous en parler ici, des dernières lectures marquantes.

51+K91shwZL._SX195_ Inséparables, de Sarah Crossan. Déniché par sérendipité (je cherchais un bouquin de Clémentine Beauvais, qui l’a traduit), acheté sur son résumé (ça pourrait plaire aux élèves) et sa superbe couverture. Feuilleté lors de l’indexation, une minute de perplexité, et puis hop, je fus embarquée, et touchée, enfin bouleversée. Un roman que j’ai envie d’offrir depuis.

L’histoire : Grace et Tippi sont siamoises, et après n’avoir guère connu que leur famille et leur psy, elles entrent au lycée. Et tout change, sauf l’amour peut-être qu’elles se portent.

 

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4321, de Paul Auster. J’ai tout lu de Paul Auster, et tout aimé, mais il y a quelques livres avec lesquels je n’ai fait que passer un bon moment, et d’autres qui m’ont construite. Après, ces dernières années, plusieurs opus de la première catégorie, celui-ci fait indéniablement partie de la deuxième, tellement que j’ai envie de vous en parler avant même de l’avoir fini ! Ferguson et ses chemins de vie répondent – par d’autres questions – aux questions que je me pose depuis toujours, interrogations cruciales et banales en ce sens qu’elles nous traversent toustes : qui suis-je ? Est-ce que j’existe en propre ou suis-je seulement ce que la vie, mon contexte, mes rencontres ont fait de moi ?

L’histoire : Quatre fois la vie de Ferguson.

 

Voilà pour le premier billet d’une rubrique qui en comportera, je le souhaite, beaucoup d’autres ! Et vous, quel est le dernier arrivé dans votre bibliothèque personnelle ? Et avez-vous un critère ou un signal qui vous indique que ce livre-là vous est destiné ?

Au complet – il n’y aura pas d’autre enfant

Je le sais, maintenant, je n’aurai plus d’enfant. Pas d’autre grossesse, non que mon corps ne le puisse pas, mais mes épaules, nos épaules, notre vie, notre maison, ne sont pas de taille à accueillir un enfant de plus.

jakobking85 (via Pixabay) –
Licence CCo

Je croyais vouloir quatre enfants – au moins. J’ai toujours dit, un à la fois, mais avec cet horizon-là en tête. Un était inenvisageable, deux encore trop peu, trois un chiffre bancal, quatre était parfait, mais au-delà aussi, et qui sait si ce serait la fin de la pelote ?

Et puis, la vie. Les choix et les hasards, l’homme que j’aime, l’endroit où l’on vit, la famille agrandie absente. Mais surtout : le parent que je suis, que je veux être. Ma relation avec ces enfants-là, mon temps avec elles, mes moments sans elles.

Je n’aurai pas d’autre enfant et ce qui est heureux, c’est que je ne veux plus d’autre enfant. Mon désir, ou mon non-désir, et mes possibilités coïncident.

Ce qui me pince, m’égratigne un tout petit peu, à peine une marque sur ma peau au fond, c’est l’idée que plus jamais je ne vivrai cette relation mammifère avec un petit qui vient de naître, ces heures de peau à peau dans l’odeur du lait les premières semaines. Cette puissance folle que j’ai ressenti pendant mes accouchements. Ce lien engloutissant où plus rien n’existe que le nouveau-né, la nouvelle-née, l’absolue nouveauté et l’absolue banalité de cette vie qui commence, de cette famille bouleversée par l’irruption attendue d’une autre personne. Ce miracle qui puise en même temps dans le plus irréductible commun de la vie – non que nous soyons tous parents, mais nous sommes tous nés.

Il y aura peut-être d’autres tout-petits dans ma vie, qui sait ? Un petit-enfant un jour, un neveu ou une nièce de sang ou de cœur. Ce sera autre chose.

Nous sommes quatre. Je ne veux que ces trois-là.

Je ne me souviens pas

… de la dernière fois où j’ai monté à cheval. Je crois que je ne remonterai plus, tout me manque mais il me semble aujourd’hui que c’est une drôle d’affaire pour les chevaux, et qu’alors je m’y sentirai grotesque. J’aimerais bien avoir su, cette ultime balade, que c’était la dernière, avoir mémorisé l’odeur, la sensation précise des muscles qui se contractent et se détendent pour accompagner le mouvement du cheval, l’air sur la peau des joues. La cadence des sabots et celle de mon cœur, le placement des mollets, la sensation du cuir entre mes doigts, sa respiration à lui.

Alexas Photos (Pixabay)

Cette sensation d’être avec,  ce langage qui n’est pas une langue, cette complicité parfois évidente, parfois conflictuelle.

Cavalière, un des traits qui m’a définit pendant si longtemps, bien après que j’ai arrêté de pratiquer, parce que cela faisait partie de moi, parce que je croyais y retourner un jour. Demeure le palimpseste de ces sensations, souvenirs flous, mémoires partielles affleurant parfois, j’ai été capable de ça, je le suis sans doute encore, mais sans objet à présent.

C’était bien.

A ma mère intérieure

Longtemps je t’ai cherchée, j’ai voulu amener ma mère à te ressembler, ou j’ai fantasmé d’autres mères pour moi de par le monde. Une tante, une amie plus âgée, un amour : quelqu’un qui serait pour moi la maman que ma génitrice ne peut pas être.

Et puis je suis devenue mère. Mère imparfaite, mais aimante, soutenante, patiente, du côté de son enfant. Une mère qui dit « tu n’as le droit de taper personne, et personne n’a le droit de te frapper, personne ». Qui dit « c’est ton corps, c’est toi qui décide », « tu es importante », « je t’aime », et « si j’avais eu le choix parmi tous les enfants du monde, c’est toi que j’aurais voulu rencontrer ». Un parent qui veille à la sécurité, aux valeurs, qui écoute souvent et qui impose parfois. Une mère qui crie aussi (je suis patiente d’emblée avec les bébés et les bambins, après j’ai à prendre sur moi), qui s’énerve, qui tente des trucs qui foirent, qui refuse de lâcher alors que ça vaudrait mieux, qui s’excuse aussi quand c’est juste de le faire.

Cette personne-là, je veux l’être pour moi aussi. Celle qui me dit

Tu es capable, tu vas y arriver, tu vas peut-être beaucoup rater mais il faut beaucoup rater pour réussir, je crois en toi. Tu as vu tout ce que tu as accompli déjà ?

Tu es fatiguée, repose-toi. Viens faire un câlin, prends des forces, respire. Ça va aller mieux. Pleure si tu en as besoin. Ce que tu ressens est légitime. On va trouver des solutions.

Tu as le droit de décider pour toi. C’est ta vie. Tu peux aimer qui tu veux, ce que tu veux, te protéger comme tu veux. Ecoute ton alarme intérieure. C’est toi qui sait ce qui est bon pour toi.

Quoi qu’il arrive, je serai de ton côté. Même quand je suis contrariée ou fâchée, je t’aime.

C’est moins facile qu’il n’y paraît, pour moi du moins. De ne pas alimenter le critique intérieur (la petite voix qui fait bien plus que critiquer mais qui cherche à détruire, celle qui dit boudin ratée t’es nulle et conne et bizarre), d’être de mon côté, inconditionnellement.

Mais j’apprends.

2018, here I rise {mes résolutions}

… peut-être. Peut-être que je vais risé depuis mon lit aussi.

En tout cas c’est le post traditionnel une année sur deux de non-résolutions pour la nouvelle année, celle des jours qui rallongent, pas celle des bourgeons qui bourgeonnent ni de la bougie qui bougonne ou du cartable qu’on remplit de Toblerone. (C’est beau comme du MC Solaar).

Quel sera mon mot totem cette année ? Il y a deux ans, c’était indulgence, et il était tellement important qu’il a rebeloté en 2017. Cette année, je crois que ce sera détente, ou peut être souffle. Ne pas m’accrocher, vivre et laisser vivre, profiter, croire que les choses vont bien tourner.

Et un jour, vivre au bord de la mer …

Je ferai le bilan de mes non-résolutions / défis / projets de 2017 dans un autre post, allons-y pour mes envies de cette année.

_ C’est pas très funky mais c’est une nécessité absolue alors allons-y : devenir hyper rigoureuse sur nos dépenses et nos comptes. Avec le crédit qui arrive et mon seul salaire, ça va être indispensable. J’ai énormément progressé l’an dernier là-dessus, il faut que je continue.

_ M’engager pour les réfugiés. Ce qui arrive en France, en Europe est terrible. J’ai honte quand j’entends les informations, le nombre de morts en mer, les camps, les chasses à l’homme, à l’enfant … Je ne sais pas quoi faire, d’où je suis et avec mes maigres moyens, mais il faut. Il faut.

_ Me dire davantage « bravo » et moins « corrige cela » (comme je le fais déjà pour mes enfants).

_ Relire mon roman de 2016 et l’envoyer à au moins six maisons d’édition.

_ Reprendre une activité physique (Qi Qong et course ?) avant l’implosion.

_ Prendre soin de mes ami.e.s. Toutes les semaines, envoyer à l’un ou l’une un mail, une carte, une pensée.

_ Recommencer un suivi médical pour Ava, qui sous prétexte qu’elle a l’air en forme, n’a pas vu la pédiatre depuis un an (alors qu’elle n’en a pas deux …)

_ Me marrer davantage. Et créer de la dette. Parce que c’est notre projet.

Et elle, elle crée de la dette ?

Et vous, un élan particulier pour démarrer l’année civile ?

(Un élan particulier cherche une élane particulière)

(Pardon, j’ai peu dormi, Ava a fait la barre médiane du H dans le lit).

 

 

2018

Noël est venu, Noël est reparti. Cette année encore, c’est l’Avent que j’ai préféré. Le sapin, le Secret Santa, le calendrier fait maison et échangé avec une amie, ceux aux chocolats des enfants, celui fait par Z pour son père. Les idées de cadeaux, ceux que je trouve en occasion, ceux que nous achetons neufs (toupie Bllllahblède qui semble indispensable à la vie sociale de Z, Lego Star Wars auxquels elle tient avant tout).

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Photo moche mais avec des bokeh. Et j’ai appris le mot pendant le mois de décembre, par la personne qui incarne à mes yeux l’esprit de Noël, alors voilà.

Le 24, nous étions au bord de la mer, les filles heureuses et ensablées, mouillées jusqu’au ventre dans leurs habits d’hiver, des coquillages plein les mains. Je vais tâcher de garder ce souvenir.

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Le soir du 24, les bottes pleines d’eau de mer sèchent

Nouvel An est venu, et reparti. Deux jours avant, un échange sur Twitter débouche sur une invitation en forme de « chiche ! » Nous voici tous les quatre accueillis pour un réveillon tout doux, en chaussons, bonne bouffe et bons vins. Et surtout en bonne compagnie.

Cette année, il m’est difficile de m’y projeter pour le moment, il faudra attendre encore quelques jours, ou quelques semaines, pour avoir les résultats d’un entretien et savoir de quoi nos finances et notre quotidien seront faits.

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Regarder les oiseaux qui viennent manger, une des vraies joies de l’hiver

En attendant, meilleure année à vous, et à bientôt.

Végétarienne débutante #3, les premières fois

Aujourd’hui cela fait deux mois que je suis végétarienne, j’ai donc tout du bébé sauf que c’est vraiment facile, bien plus que je l’imaginais, alors que je vis dans un département très (très) rural, et très (très) porté sur la viande (on a inventé le petit déjeuner aux tripoux, la saucisse et le foie gras, à en croire les gars du coin).

Depuis le dernier billet sur le sujet ici, j’ai repris les repas à la cantine, ai mangé dans un restaurant « menu unique payé par l’entreprise », et ai été invitée en ayant oublié de préciser que je ne mange plus ni viande ni poisson. Dans les trois cas cela se passe bien (ou s’est bien passé). A la cantine,  je mange des féculents  et des légumes, du laitage et du dessert. Une fois sur deux en gros, je suis obligée de passer mon tour sur l’entrée. Il est clair en revanche que si un jour je deviens végétalienne ou stoppe simplement les laitages, il faudra que j’amène ma gamelle. Au restaurant, j’ai expliqué que j’étais végétarienne (première fois d’ailleurs que j’utilisais le qualificatif publiquement) et on m’a servi une délicieuse pizza devant mes collègues envieux, sans supplément même si cela sortait de ce qui était convenu. Lors de l’invitation, j’étais plus embêtée, par peur de mettre mal à l’aise mes hôtes, mais j’ai assumé, et mangé ma purée avec l’accompagnement de la viande (des olives et des champignons, c’était bien bon), et personne n’a paru gêné plus d’une minute (« et tu veux des carottes ? et tu veux un oeuf ? »)

J’entends souvent dire qu’être végétarien n’est pas facile par rapport au regard des gens, je dois être bien entourée, car à part un peu d’ironie au boulot, je n’ai récolté que des réactions étonnées au « pire », et souvent admiratives.

Et côté frustration ? Aucune pour le moment ! L’odeur de la viande me plaît toujours, mais une fois dans l’assiette (des autres), elle ne me fait pas du tout envie. J’ai l’impression de davantage savourer ce que je mange. Sans doute parce qu’avant, ma « comfort food » pouvait facilement être carnée ou lactée, et que depuis que j’ai arrêté la première en souhaitant a minima ne pas augmenter la seconde, je mise sur les saveurs nouvelles (ou que j’avais négligées) : épices, herbes aromatiques, graines germées, noix en tout genre, fruits secs.

Je ne partage pas ma toute petite expérience pour vous convaincre de faire comme moi, ce serait carrément mégalo, et d’ailleurs je ne vous ai pas parlé de mes motivations. En revanche, si certains d’entre vous (aka qui lit encore ce blog ?) ont envie de passer au végétarisme mais sont effrayés, je serais ravie si cette lecture pouvait quelque peu les rasséréner.

Bon app, les gente.s.

Bon a