Végétarienne débutante #2 : les menus

Comme promis, voici la première semaine de menus végétariens. Je ne suis pas sûre d’en mettre d’autres avant un moment, car on est très routiniers en ce qui concerne la bouffe (on mange ce qu’on aime, et ça ne nous dérangerait pas de manger le même plat à chaque repas), donc on change avec les saisons essentiellement.

On prend dix minutes pour faire les menus le samedi avant le marché parce que ça nous fait économiser du temps et de l’énergie (« t’as une idée pour le repas de ce soir ? » a disparu de nos fins d’aprem, et ne nous manque pas), de l’argent (plus de gâchis), de la place (on achète exactement ce dont on a besoin, et pas « ce qu’on a fini et qu’il faut remplacer »). Après il est fréquent que des repas changent de place, voire qu’un s’annule et soit remplacé par des restes par exemple.

Il y a des jours à deux repas, et des jours à un seul, quand il n’y a que les adultes à la maison le midi et qu’ils se nourrissent de tartines.

Tous les repas sont accompagnés de crudités mais je ne le note pas à chaque fois. En dessert on a accès à : des fruits, des compotes, parfois des yaourts.

Les fajitas (qu’on appelle chez nous tortillas parce que c’est le nom de la galette) sont carnés pour les uns, et végé pour moi : avocat-tomate-concombre-yaourt-épices.

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Voilà, mangez bien !

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Végétarienne débutante #1

Y a plein de billets #1 dans ce blog, c’est parce que je suis pleine d’entrain, dirons-nous.

J’entame cette série (qui avec un peu de chance en sera vraiment une) parce que ça fait plaisir à FloBoucled’Or (et à moi aussi, évidemment). Je ne vais pas y parler des raisons pour lesquelles cette décision est la mienne, juste de ma façon de faire (mes menus, mes courses, ces trucs-là).

Aujourd’hui j’ai 36 ans et je me suis demandée ce que je me souhaitais pour cette année. Mes cerveaux (le ciboulot et les tripes) ont immédiatement produit deux réponses, à croire qu’elles attendaient en coulisses depuis un moment : devenir végétarienne et reprendre mon vélo. Dont actes.

Je vais donc arrêter de manger des animaux (poissons compris), en revanche je ne vais pas pour l’instant devenir végétalienne (donc je vais continuer à consommer produits laitiers, œufs et miel, en gros), donc pas besoin de me prendre le chou sur les protéines ou le complément alimentaire (sachez que la prise de chou, si l’option végétalienne vous intéresse, est minimale et ne devrait pas vous décourager).

Je mange déjà relativement peu de viande (= pas à tous les repas mais plusieurs fois par semaine quand même), néanmoins c’est un changement conséquent. Je suis pour l’instant la seule de la famille à devenir végétarienne : le Chap et les deux mômes continueront à consommer de la viande, mais sans doute moins.

C’est surtout le Chap qui cuisine, nous établissons les menus pour la semaine et faisons les courses le samedi. On a aussi un potager. Rendez-vous donc demain pour pour la première semaine de menus végé friendly !

Pour la vie sociale (ie la cantine et les restos) ça peut être plus difficile puisque nous vivons dans une cambrousse à tradition charcutale élevée.

En attendant, ce soir c’est fête et on a commandé des pizzas : une végé sans poivrons (et hélas sans cœur d’artichaut, je suis tombée sur la seule pizzeria de France qui n’en met pas dans sa végé), une trois fromages et une que je ne mangerai pas.

Je ne sais pas si ça se sent à la lecture, mais je suis joyeuse de ma décision !

Bon appétit !

Mes résolutions pour 2016, bilan

2016, au niveau mondial, me laisse sans voix. Démunie. Alors je rentre dans mon terrier, je me réchauffe, je me nourris, pour mieux revenir au monde, j’espère. Au grand Dehors avec ces frères et sœurs humaines qui souffrent, et à qui je saurai alors comment tendre la main.

Mon terrier, ce n’est pas un trou, c’est là où je me construis, où je grandis, petit à petit. Cet endroit dont le centre est mon nombril – pas comme le monde donc (ouf).

Je me rends bien compte que cette introduction sonne un peu comme des excuses (pour les quatre personnes qui lisent ce blog), c’est sans doute un peu ce qu’elle est, passons cependant à la suite.

Au mois de janvier, j’avais pris des résolutions, nous sommes en décembre, le temps du bilan est arrivé.

 

J’avais prévu

Un ou deux projets assez costauds (chronophages ou ambitieux)

Valider assez de mon master 2 pour imaginer le finir l’an prochain).

J’ai validé mon premier semestre (à part une UE), mis en pause le projet pour cette année, et je devrais reprendre et finir l’an prochain. Sans enthousiasme. Mais : check.

 Écrire une histoire pour enfants et la proposer à Timtimsia d’amour

Fait ! Et je l’aime beaucoup, ma petite histoire. J’espère qu’elle vous plaira aussi.

 

Des défis plus légers

Trouver mon mot-totem pour l’année (donc)

Mon mot totem pour 2016 fut indulgence. Il m’a été soufflé au lendemain de la naissance de K par une accompagnante à la naissance, et il est revenu à mes oreilles plusieurs fois. Ça a été l’indispensable de mon année, le mantra que je me soufflais quand je me sentais sur le point de craquer – et, plusieurs fois, ça n’en a pas été loin. Indulgence pour mon conjoint, pour Zoé*, pour moi, pour notre famille, pour nos amis. Pourquoi n’ai-je pas besoin d’invoquer l’indulgence pour Ava*, alors même qu’un bébé koala, qui tète jour et nuit toutes les deux heures maximum, c’est un tout petit peu épuisant ? Pourquoi ses besoins à elle me paraissent aller de soi (que je sois disponible pour les combler ou non au moment M), alors que ceux des autres, y compris moi, m’entravent si souvent ? Sans doute aurais-je à explorer ça l’année qui vient. (Mais je n’ai pas encore attrapé le mot, ou lui ne m’a pas cueillie, allez savoir.) C’était un bon mot totem, je vous le recommande.

Avoir re-couru au moins une fois d’ici la fin de l’année

Je suis retournée courir trois fois, je n’ai pas réussi à en reprendre l’habitude. Mais, d’abord, ça marche quand même ! Ensuite, j’ai quand même eu une année assez sportive puisque j’ai commencé Pilates et muscu en septembre, et qu’avant cela j’ai fait du Qi Qong presque tous les jours. J’aimerais bien me remettre à courir cependant, maintenant que j’ai perdu presque dix kilos, ça devrait de nouveau être agréable.

Apprendre à dessiner un renard

Ouais !

Bloguer plus souvent qu’en 2015 

5 en 2015, 14 (minimum, l’année n’est pas finie) en 2016

Consacrer un carnet à mon ailleurs professionnel, à avoir toujours sur moi

Ah ben non. Oublié.

Continuer le Bullet Journal qui est un outil qui me convient vraiment bien

Fait ! Avec des semaines où je le laisse, d’autres où je l’investis énormément. Et c’est bien comme ça.

Envoyer mon roman à au moins trois maisons d’édition.

Fait (et récolté un refus).

Cette année j’ai aussi réussi mon premier NaNoWriMo (j’en reparlerai !), commencé une formation d’accompagnante à la parentalité (ni bienveillante ni positive, juste à la parentalité), et puis fait quelques conneries et frôlé le burn-out une fois ou deux.

 

 

*C’est comme ça que je nommerai nos enfants ici, maintenant.

Et merde j’ai pas blogué en avril

Alors que ce mois de mai commence sous le doux parfum des gaz lacrymo que les fils de rhododendrons du gouvernement croient bon d’envoyer sur des manifestants lors de la traditionnelle manif-tranquille-et-familiale-du-premier-mai, ce que je ne commenterai pas sauf à dire que les ordures sont mieux au compost qu’en politique, je m’aperçois, et d’une, que je n’ai pas blogué en avril, et de deux, qu’en même temps j’ai des trucs à dire, et de trois pas tant que ça et que ça va être décousu. (C’était la première phrase).

 

Alors je me suis dit, m’en fous, vais faire comme en 2003 et raconter des petits bouts de ma vie sur mon blog, sans essayer de vendre (ça n’a jamais été le genre de la maison) ni de défendre quoi que ce soit.

Et comme on est au tiers de l’année (bordel) (les années passent de plus en plus vite au fur et à mesure que l’on vieillit paraît-il, et le mitan de notre vie subjectivement vécue serait autour des 20 ans) (PAF !), je vais faire un bilan des mes bonnes non-résolutions (comme ça c’est normal que ce soit décousu, tu vois ?).

Munster2 : bon ben. J’ai lâché l’affaire à la naissance de K, pour d’assez bonnes et d’excellentes raisons. Je finirai l’an prochain (j’espère). Je sais sur quoi je veux faire mon mémoire, et j’ai validé tout le premier semestre (sauf ce qui est lié au mémoire, donc).

Écriture : j’ai écrit une histoire pour enfants et je l’ai proposée à Timtimsia d’amour. A suivre …

Mot-totem pour l’année : indulgence. Pas besoin de détailler, si ?

Course : j’espérais m’y remettre dès le printemps, pari tenu, j’ai couru trois fois cette semaine (reprise en douceur : 10, 20, 30 minutes) et c’est tellement bon (il y a une partie de moi plus jeune qui m’observe, absolument incrédule, en train d’écrire ça. Et pourtant c’est vrai).

Dessiner un renard, pas encore.

Bloguer plus souvent qu’en 2015, c’est fait (c’était pas dur mais c’est fait).

Consacrer un carnet à mon ailleurs professionnel, à avoir toujours sur moi : non mais mes idées se sont bien éclaircies à ce sujet.

Bullet Journal : oui oui oui mais parfois pas et c’est très bien comme ça.

Envoyer mon roman à au moins trois maisons d’édition : alors là … rien nothing wallou. Je bloque, mes petits amis, parce que voyez-vous, il pourrait être lu.

Tout cela est encourageant et je mesure l’importance que cela eu, pour moi, de prendre le temps d’écrire ces quelques projets pour ensuite y consacrer du temps et de l’énergie, comme si j’avais ainsi tracé un sillon, très léger mais qui guide néanmoins, qui facilite.

Rappelez-moi de vous parler de K.

J’espère que vous allez bien et que les gaz vous ont pas trop niqué les yeux.

 

L’uniformisation des mondes

Parfois tout me fait peur. Pas seulement les miséreux du monde frappant à nos portes et reçus à coups de batte (c’est là-dedans les coups de batte qui me font peur, entendons-nous bien), même ce qui se veut rassurant m’effraie. Les salons et les cuisines Ikea (ou Maisons du monde ou Fly ou La Redoute ou …). Les blogs à ligne éditoriale. Nos défis synchronisés, nos projets partagés photo après photo sur les réseaux sociaux. Les youtubeurs et leurs millions de youtubés – dont moi. Les citations tellement faites pour moi, réimprimées à l’infini. Les DIY, les tutos et les printables. Nos écritures similaires, nos narcissismes qui n’ont même plus rien de singulier. Nos jeûnes , nos diètes et nos détox, nos désencombrements et nos minimalismes que nous nous vendons à nous-mêmes comme des aventures modernes. Jusqu’à quel point sommes-nous nos propres dupes, jusqu’à quel point acceptons-nous de nous appauvrir ainsi à devenir les VRP de nos vies plutôt que de vivre ? La tentation faussement confortable d’être comme tout le monde – comme si cela existait. N’est réel là-dedans que l’aspiration elle-même.

Trouver au fond de moi le petit rien qui résiste, le petit caillou dans la chaussure, la graine encore fertile dans l’engrenage, pas encore aplatie. Souffler sur les paillettes et retrouver, en-dessous, le grain dur du bois ou de la pierre. Laisser exister ce qui en nous a peur de se déployer. Faire de la place en moi à ce qui n’est que moi – en lien avec quelques autres seulement.

 

Quatre

Elle est née.

Notre deuxième enfant.

La petite sœur de Z.

Un bébé qui ressemble au bébé qu’elle était, et qui en diffère : brune, tonique dès la naissance, sans fossette, sans coliques non plus jusque-là.

Un autre enfant.

Je ne pensais pas tomber amoureuse du deuxième enfant comme du premier. Et pourtant si. Les minuscules mouvements de son visage, l’emplacement des sourcils déjà si expressif, les mains qui jettent des sorts au ralenti.

Nous sommes quatre, et peut-être au complet. « Pour l’instant », dit-il. « Sans doute », dis-je. « Mais vous allez en faire mille, des bébés ? » dit Z. Et la dernière-née dort, regarde le monde, réclame les bras, le lait.

Nous sommes quatre.

Je vais pas prendre de bonnes résolutions mais je te les dis quand même

Je n’ai pas souvenir d’avoir pris des bonnes résolutions au nouvel an – en fait, j’ai dû le faire (dans mes vieux blogs, il y en a sans doute la trace), mais avec une efficacité telle que je n’ai rien retenu.

lucie gomez

En plus, je suis de celleux pour qui l’année commence début septembre, ou à la limite aux premières asperges, bref le Nouvel An c’est devenu une fête commerciale tsé. (Non en vrai, faut pas déconner, les jours rallongent et c’est pas rien !)

J’ai en revanche retenu plusieurs manières d’aborder la nouvelle année qui me plaisent.

Pink & Green se choisit un mot totem, une idée qui me touche même si rien ne s’est encore imposé. Cette année j’aimerais laisser la place, prendre le temps de choisir ce mantra.

J’aime l’idée d’avoir des projets, voire des défis, plutôt que des résolutions. Ce n’est peut-être qu’une différence de formulation, mais le projet, le défi, me laissent plus libre et m’éloignent de l’idée d’échec. La résolution, j’ai l’impression qu’elle m’attend à chaque coin de rue, prête à me tomber dessus à grand coup de culpabilité. « Et si j’essayais … ? » plutôt que « Chaque semaine, je vais ».

En même temps, et même si ça semble paradoxal, je crois que ça marche mieux si on est concret. Mais concret dans ce qu’on s’engage à faire, pas en terme de résultats. Et s’engager au premier pas seulement (s’il nous convient, on fera le suivant, et sinon, c’est  que ce n’est pas pour nous, là tout de suite). Être modeste en quelque sorte (et du coup, prendre peu de « résolutions », aussi). Dans mon cas, je dois beaucoup éliminer parce que j’ai beaucoup d’envies, et que ce sera la première année de notre deuxième enfant, alors mon temps et mon énergie seront sans doute pas mal tournés vers ma famille.

 

Un ou deux projets assez costauds (chronophages ou ambitieux)

_ Valider assez de mon master 2 pour imaginer le finir l’an prochain (en gros j’aimerais valider toutes les UE non liées au mémoire, mémoire dont je n’arrive pas à arrêter le sujet pour l’instant).

_ Écrire une histoire pour enfants et la proposer à Timtimsia d’amour

Des défis plus légers

_ Trouver mon mot-totem pour l’année (donc)

_ Avoir re-couru au moins une fois d’ici la fin de l’année (oui, 10 minutes le 31 décembre, ça compte. Même si j’espère plutôt m’y remettre dès le printemps).

_ Apprendre à dessiner un renard

_ Bloguer plus souvent qu’en 2015 (dans deux billets c’est bon, les gars)

_ Consacrer un carnet à mon ailleurs professionnel, à avoir toujours sur moi (pour le moment ça va beaucoup causer salon de thé)

_ Continuer le Bullet Journal qui est un outil qui me convient vraiment bien

_ Envoyer mon roman à au moins trois maisons d’édition.

 

Voilà ! Sachant que je triche un peu, il y a des projets déjà bien démarrés (le Master 2 commencé en août), d’autres que je n’ai pas notés mais qui sont prévus (une autre formation autour de l’animation ; boycotter Nestlé). Le critère pour être dans ma liste : même si ça me fait peur, il faut aussi que ça me fasse sourire.

Et voilà pour 2016 !

J’ai accouché sans douleur

(On dirait un titre de presse pour vieux, genre Maxi ou Nous deux).

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J’ai accouché sans douleur et sans péridurale et ça laisse pas mal de gens incrédules. Je les comprends : je ne savais presque pas, avant de le vivre, que c’était possible.

Ce presque est important : je pense que si je n’avais pas su que c’était rare mais que ça arrivait, j’aurais eu mal. Ou plutôt, que j’aurai ressenti les mêmes sensations (et, contrairement à ce que « sans douleur » évoque, ce n’était pas de la gnognotte) mais que je les aurais interprétées comme douleur, et que donc, oui, j’aurais eu mal.

Quelques jours avant d’accoucher, j’ai lu un billet sur les accouchements orgasmiques, chez la Poule Pondeuse, et ce commentaire en particulier m’a marquée.

A partir de là, je crois que ça a ouvert une petite porte qui me permettait de lire mes sensations en termes d’intensité et non de douleur (ou de plaisir, d’ailleurs : ce n’était pas orgasmique, ce n’était pas douloureux, c’était intense).

Il y a une bonne part de chance : je suis assez costaude face à la douleur, donc mon seuil n’est pas si facile à atteindre (d’autant que je suis mithridatisée par des années de règles difficiles),  j’ai accouché très vite donc je n’ai pas eu le temps de m’épuiser, tout s’est bien passé. Je n’ai pas crié : toutes les femmes ne crient pas.

Loin de moi l’idée de dire qu’un « bon accouchement » est celui où l’on ne crie pas, ou on n’a pas mal, on fait bien comme on peut et si hurler à pleins poumons vous aide au moment M, allez-y.

Juste, vous pouvez garder cette petite fenêtre entrouverte.

 

Z., attendue le 2 décembre, est née le 15 novembre.

Hulk, attendu/e le 19 janvier, allait selon moi arriver dans les tous premiers jours de l’année. Et puis iel est encore au chaud. Petit miracle. Qui me rappelle que toutes les grossesses sont différentes, et sans doute tous les accouchements aussi.

(Du coup, j’ai un peu peur de vivre celui-là moins bien, forcément. Il faut que j’ouvre une autre petite fenêtre : celle qui me permet d’envisager qu’après un premier joli accouchement, le deuxième puisse être aussi différent et aussi bien vécu.)

J’ai fini tout ce que j’avais prévu de faire avant. Je me disais que j’en rajouterais un peu si j’avais plus de délai, mais je n’en ai pas envie. Pas tout de suite. Peut-être demain, si tu n’es pas là.

Tu sais, on est heureux que tu sois là, de profiter de ces temps d’avant de connaître ton visage. C’est vrai, on a un peu peur, on n’a jamais été quatre, c’est l’inconnu. Et on a très envie de t’accueillir, aussi. De te choisir un nom (ce ne sera pas Hulk, en fait). De t’aimer un peu plus en connaissance de cause.

Tu viens quand tu veux.

 

Puisque c’est comme ça

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(L’Hommage à Klimt est de Mamzelle Roüge)

(Billet sans queue ni chouette)

Puisque c’est comme ça je vais finir mon semestre, pas trop contente de moi mais satisfaite d’avoir rempli ce petit contrat avec moi-même.

Je vais mettre plus de beauté dans ma vie et la partager davantage.

Je vais oublier plus vite les égratignures. Et même si je rêve encore de toi, même si tu me dis en rêve que rien de ce que j’ai à dire ne t’intéresse, je vais prendre le rêve pour ce qu’il est : un processus de compostage.

Apprendre à dessiner un renard, manger mieux, répondre aux mails, dire plus souvent merci et moins « désolée ».

Je vais désencombrer, encore. Et accueillir. Sourire.

Je vais prendre la vie comme elle vient, j’espère. Avec un bébé vorace du lait de mes seins ou de celui du biberon, et on s’aimera fort dans les deux cas.

Je vais redire à la môme, souvent « ça, c’est dur, il faut beaucoup rater avant d’y arriver », et parfois on y arrivera quand même tout de suite, et parfois non et on en rigolera, et parfois ça nous fera crier et pleurer et on fera avec quand même.

Je vais continuer à laisser entrer dans ma vie ceux qui la rendent jolie. Et peut-être qu’avec tout ça, j’aurai la force de rendre le monde un peu plus juste.

Je vais remplir mon bocal à bonheurs.

 

Ça ne marche déjà pas

Combien de temps on va continuer, parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre ?

Combien de temps à participer à l’horreur, parce que notre abstention laisserait la place à encore pire ?

Ça ne marche déjà pas. J’entends : c’est la faute des abstentionnistes, des électeurs FN, du PS, de l’UMP, des petits partis, de la gauche qui se divise. De ceux qui votent utile, qui votent sincère, ou blanc, ou nul, ou qui ne votent pas.

C’est la faute à l’absence d’alternatives, ou à ce qu’on imagine l’être, c’est la faute au mépris de classe, au manque de perspectives, à la pauvreté, au racisme, à la malhonnêteté des politiques, aux bisounours, au politiquement correct, aux attentats, aux trahisons de la gauche, à la FN-isation de la droite, aux jeunes qui sont dépolitisés, aux vieux communistes devenus anars, à la vie qui est comme elle est.

 

Ça ne marche déjà pas. Envie de prendre le large. Non l’exil, comme j’en vois le fantasme surgir un peu partout, un autre large, intérieur. Territoires d’outre-politique.

A vrai dire, je cherche encore (je cherche à nouveau) quelque chose qui fasse système et qui me donne de l’espoir.

 

« Augmentez votre poids spécifique », dit-il.

 

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